La fin des véhicules diesel

La fin des véhicules diesel

Le 14 juillet 2021, l’Union européenne annonçait le déclin des véhicules diesel. Les constructeurs et les conducteurs disposent d’une quinzaine d’années pour s’adapter à cette nouvelle réglementation.

Diesel : de l’essor à la déchéance 

C’est Mercedes qui lance la première voiture avec un moteur diesel en 1936. Mais il faudra attendre les années 70 pour que les autres constructeurs suivent la lancée de la marque allemande. Les projecteurs se tournent vers ce carburant qui semble plus vert que l’essence, du fait de sa consommation moindre. La donne a toutefois changé depuis. La cause étant que l’automobile serait à l’origine de 15 % des émissions de CO2. Ce gaz est la principale origine de l’effet de serre. 

Limiter l’impact du secteur du transport sur l’environnement devient une priorité. L’Union européenne vise le tout électrique d’ici 2035 dans le cadre de son Pacte vert. Dans une quinzaine d’années alors, la vente de véhicules diesel sera interdite en Europe. Les modèles avec un moteur essence aussi sont concernés. Des pays européens prévoient la bascule vers une motorisation 100 % électrique plus tôt. Ainsi, la Norvège envisage l’interdiction dès 2025. Ces véhicules polluants seront voués à disparaître des routes norvégiennes, irlandaises, hollandaises, suédoises et danoises en 2030. 

Diesel : de l’essor à la déchéance 

La France aurait pu être à la traine. Plus de 90 % de l’immatriculation des véhicules dans le pays sont attribués aux modèles diesel et essence. Le Gouvernement n’envisageait de les interdire qu’en 2040. Atteindre les objectifs européens pour un air plus sain dans les délais impartis est inéluctable. La France applique différentes mesures, dont certaines visent particulièrement les véhicules diesel.

ZFA ou zones à faible émission

Une ZFA vise à assainir l’air des zones denses polluées en limitant les émissions du trafic routier. Cette réglementation interdit donc l’accès à ces zones aux automobiles considérées les plus polluantes, dont certains modèles diesel suivant un classement spécifique durant certains horaires. Des ZFA sont mises en place dans plus de 200 métropoles et villes européennes. En France, en plus de la métropole parisienne, différentes zones devront être effectives dans une dizaine de collectivités territoriales d’ici 2022. La ZFE a aussi pour but d’inciter les Français à opter pour un véhicule électrique ou hybride rechargeable, moins polluant

Prime à la conversion

Ancienne prime à la casse, la prime à la conversion a pour objectif d’inciter un propriétaire à mettre à la casse leur véhicule jugé trop polluant et à la remettre donc un centre agréé. En contrepartie, le détenteur d’un tel modèle bénéficie d’une aide pouvant aller jusqu’à 5 000 € pour l’achat d’un véhicule thermique, électrique ou hybride rechargeable neuf ou d’occasion. La destruction d’une vieille voiture est en outre gratuite s’il dispose de tous les éléments fondamentaux à l’instar du moteur et du pot catalytique. Il faudra néanmoins que la voiture bonne pour la casse soit remise à une installation de dépollution et de démontage de VHU ou à un centre agréé de son département 3 mois avant l’achat du véhicule neuf ou d’occasion. 

Fin du diesel, quelles conséquences ? 

Les voitures diesel et essence ne disparaîtront pas entièrement des routes européennes dès 2035, sachant que le cycle de vie moyen d’un véhicule à moteur thermique est estimé à 15 ans. La restriction instaurée par l’Union européenne n’impose pas l’interdiction de rouler au diesel, mais bien la vente d’un tel modèle de véhicule. Les constructeurs disposent alors de temps pour s’y adapter. Néanmoins, ils doivent déjà se soumettre à un quota de CO2 à ne pas dépasser. Ainsi, pour 2020, l’Union européenne a fixé la limite à 95 g de CO2 par kilomètre. L’Europe envisage une réduction des émissions des gaz à effet serre de 15 % en 2025, de 55 % en 2030 et de 100 % en 2035. Le calcul sera réalisé en fonction des mesures réalisées en 1990. Les voitures particulières, mais aussi les véhicules utilitaires comme les camionnettes seront concernées.  

La bascule vers le tout électrique peut avoir un autre impact important sur les salariés de la filière automobile. Cette transition pourrait engendrer la perte de 150 000 emplois, d’où la nécessité de mettre en place un nouveau plan d’investissement selon les constructeurs. Les emplois créés avec l’implantation d’usines de batterie, l’installation de bornes de recharges et leur entretien peuvent néanmoins combler une partie de ce gouffre. 

Quelles alternatives aux véhicules à moteur thermique ? 

N’émettant aucun gaz à effet de serre, les voitures électriques à l’évidence semblent la solution idéale aux autos diesel. Une ombre persiste néanmoins au tableau : leur autonomie. Actuellement, la plupart des modèles électriques disposent d’une autonomie assez limitée. De plus, les bornes de recharges ne sont pas encore suffisantes. En 2020, seulement 260 000 points de recharges sont accessibles au public dans les États membres de l’Union européenne. Plus de la moitié se trouvent principalement aux Pays-Bas, en Allemagne et en France. 

Pour l’heure, les véhicules hybrides simples dont la recharge de la batterie est assurée en partie par le freinage et la décélération semblent plus plébiscités que les modèles électriques. Durant le troisième trimestre 2021, les nouvelles immatriculations pour ce type de véhicule sont estimées à 20,7 % contre 9,8 % pour les voitures électriques et 9,1 % pour les hybrides rechargeables. Les véhicules roulant à l’hydrogène et au GPL (gaz pétrole liquéfié) sont d’autres solutions qui gagnent du terrain.

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